La rire perdu
- Le rire perdu Août 81aH*/ 2026
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Milo avait oublié de rire.
Il n’en avait pas toujours été ainsi.
Enfant, il riait pour un rien,
une pierre étrange sur le chemin,
une grimace dans l’eau,
un vent qui faisait danser les feuilles.Les années avaient déposé sur lui
des couches de sérieux, comme des manteaux
dont le poids s’accumulait sans qu’il s’en aperçoive.Alors, un jour, il partit, sans destination précise.
Il marcha longtemps, jusqu’à atteindre un village où les habitants semblaient… différents.
Ils travaillaient, parlaient, vivaient comme partout ailleurs.
Pourtant, quelque chose d’indéfinissable flottait dans l’air.
Une légèreté.
Comme si le monde n’était plus entièrement soumis à la gravité.
Intrigué, il observa.
Un homme trébucha sur une marche, se releva… et rit.
Deux enfants se disputèrent un fruit, puis soudain le partagèrent en riant.
Une femme renversa de l’eau, soupira… puis sourit.
Milo, lui, restait silencieux.
Il s’approcha d’un ancien assis à l’ombre d’un arbre.
— Comment faites-vous pour rire ainsi ? demanda-t-il.
— Faire ? répondit doucement l’ancien.
Le rire ne se fait pas. Il apparaît quand on oublie un instant de se protéger.Milo fronça légèrement les sourcils.
— Se protéger de quoi ?
— De la vie, parfois.
Ces mots restèrent en lui comme une brise légère.
Il reprit sa route, jusqu’à un monastère perché sur une colline.
On lui parla d’un maître, un homme dont le sourire semblait contenir plus qu’il ne montrait.
On disait qu’il ne donnait pas toujours de réponses,mais que sa simple présence changeait le regard.
Quand Milo le rencontra enfin, il ne posa aucune question.
Il s’assit simplement en face de lui.
Un silence passa.
Puis le maître laissa échapper un sourire…
presque imperceptible.Et sans raison apparente, quelque chose se relâcha en Milo.
Comme si une tension ancienne, invisible, trouvait enfin la permission de disparaître.
Un rire monta,timide d’abord, puis plus ample, puis libre.
Il rit de son sérieux, de ses efforts, de ses inquiétudes, de tout ce qu’il avait tenu pour indispensable.
Il rit de s’être cru séparé du simple fait d’être là.
Et dans ce rire, quelque chose s’éclaira.
Il n’y avait rien à atteindre, rien à défendre.
Seulement vivre, jouer, respirer, marcher, regarder le ciel, comme un enfant qui découvre le monde sans vouloir être ailleurs.
Lorsqu’il se releva, il se sentit plus léger.
Sur le chemin du retour, le vent semblait plus joueur, les pierres moins lourdes, et les visages plus ouverts, sans raison particulière.
Alors il comprit, sans avoir besoin de le formuler, que le rire ne se cherchait pas.
Il surgissait là où l’on cessait de se contracter.
Depuis ce jour, Milo traversait le monde autrement.
Au cœur de ses pas, demeurait désormais un rire discret, prêt à revenir dès qu’il oubliait de se prendre au sérieux.
- Quand le sérieux se relâche…
quelque chose se remet à rire.
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- 81aH* : Le 6 août, date anniversaire de l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima marque l’entrée de l’Humanité dans une période charnière. C’est aussi le début du calendrier raélien : depuis le 6 août 2026, nous sommes en 81aH, 81 après Hiroshima. (Lire plus à ce sujet)


