Droits de l’enfant : l’importance de l’éducation à la sexualité
Le 2 décembre 2025, l’Etat a été condamné en raison de manquements pour que ce soit mis en œuvre de manière effective les obligations prévues dans une loi de 2001 (Source Raelnews).
En 2023, des associations ont déposé plainte et demandaient l’application du droit !
https://www.raelfrance.fr/mise-au-point-sur-leducation-a-la-sexualite/
Le jugement rendu le 2 décembre est une victoire en demi -teinte. Dans l’objectif d’atténuer les conséquences de ces manquements, la Ministère de l’éducation nationale a fait valoir que des programmes ont été mis en place en 2025.
Près de 25 ans après la loi, force est de constater que des freins majeurs subsistent pour la mise en oeuvre d’une éducation digne de ce nom. Les programmes eux-mêmes ont fait l’objet de compromis majeurs sous l’influence de lobbies religieux, principalement catholiques.
Pour quoi l’éducation doit intégrer des programmes adaptés à chaque âge et comprenant une véritable éducation à la sexualité ? Quel est leur contenu actuel et leurs limites. Contrairement à ce qui est colporté, il n’y a pas de sessions de pratiques masturbatoires organisées dans les écoles et pas d’encouragement à changer de sexe !
Les personnes qui seraient éventuellement témoins de tels actes ont l’obligation de les dénoncer aux autorités policières et judiciaires.
La totalité du programme étant en ligne (voir annexe), chacun et chacune peut en mesurer le niveau d’ambition.
Un long chemin…
En France, comme le rappelle le jugement, une loi prévoit une éducation à la sexualité depuis 2001 (Loi du 4 juillet 2001). En réalité, les moyens mis en œuvre pour faire appliquer ce texte ont été très peu déployés. Selon le code de l’éducation, « une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupes d’âge homogène » (article L. 312-16 du Code de l’éducation. Ces décennies ont montré que la théorie, les discours, se heurtent à la réalité. La gestation difficile de programmes éducatifs ont démontré la puissance de l’impact des lobbies religieux.
Les contenus ont été aménagés limitant considérablement l’idée d’une approche complète, intégrant non seulement l’apprentissage tournée vers la prévention, la santé mais aussi la notion de plaisir. Et ce, pour faire en sorte que la culpabilité et la honte du corps instillée dans les cerveaux depuis des siècles s’effacent.
Respect de l’intimité de l’enfant et de son corps.
Deux notions sont essentielles et liées : le respect de l’intimité de l’enfant et de son corps, le consentement.
L’importance d’apprendre aux enfants à nommer les parties génitales a été récemment soulignée.
C’est d’ailleurs ce qu’exprimait, la coordinatrice de la journée internationale SexEd Day, dans cette vidéo (Ecouter A 2 :26 Nommer les parties intimes).
Apprendre à dire non !
Apprendre à connaître son corps c’est aussi apprendre à dire non.
« Un enfant n’ayant aucune connaissance au sujet de la sexualité, dont la notion de plaisir qu’elle procure et l’importance de définir ses propres limites, est particulièrement vulnérable. Et ce, d’autant plus que la majorité des violences sexuelles a lieu au sein même des familles ou dans un environnement proche. Il est donc important que les enfants sachent ce qui est acceptable ou non dans le comportement des adultes et apprennent à dire NON ; c’est un droit fondamental de l’enfance ».
C’est en substance ce que nous avons écrit à plusieurs reprises à diverses instances, ayant autorité pour agir (dont la directrice de l’Unesco).
Des lettres ont également été adressées à plusieurs ministres alors en poste.
Dans l’actualité, une ex- Ministre se targue dans les médias de vouloir dénoncer la pédophilie dans l’Eglise. Elle savait, elle s’est tue !
Et elle n’a pas répondu au courrier qui lui a été adressée, quand elle était en poste, dans lequel nous lui mentionnons d’autres courriers adressés au Ministre de l’Education nationale…Sa seule réponse a été de participer au silence institutionnel. Et c’est aussi sa propre responsabilité.
https://www.raelfrance.fr/lettre-a-madame-bachelot-ministre-de-la-culture/
Présentée officiellement comme un « programme ambitieux », sa construction et le contenu finalement publié a été le fruit de longues discussions avec des associations et autorités d’obédience catholique.
Au final, dans les écoles maternelles et élémentaires il s’agit d’une « éducation à la vie affective et relationnelle » et au collège et lycée, d’une « éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité ». Des campagnes de désinformation conduites dans certains pays, y compris en Europe, vise à supprimer toute éducation à la sexualité (si tant est qu’elle existe) ou de la limiter à renseigner sur la nomenclature de certaines parties du corps ou à la prévention de grossesses non désirées. Le programme en est en grande partie le reflet.
Sur l’ensemble du programme, une recherche par mot clé aboutit aux résultats suivants :
Le mot masturbation apparait 0 fois
Les mots clitoris et pénis apparaissent 2 fois (programme de seconde et première année de CAP)
Le mot danger-s- apparait 13 fois
Le mot risque-s apparait 35 fois
Pour illustrer le contenu, quelques exemples non exhaustifs sont extraits du programme (consultation en ligne : https://www.education.gouv.fr/bo/2025/Hebdo6/MENE2503064A) :
Avant 4 ans, pour connaître son corps et comprendre ce qu’est l’intimité, il est proposé de « nommer, par exemple à partir d’albums ou de jouets, les différentes parties du corps, les nommer en partant des dénominations spontanées pour aller vers un vocabulaire scientifique ». Et de « s’approprier la notion d’intimité à partir de différentes situations de la vie quotidienne, relatives par exemple à l’habillage-déshabillage (toilette, consultation médicale, à l’école) ou dans des albums traitant de ces situations ».
Dans la construction des relations, il s’agit d’ « apprendre à exprimer son accord ou son refus, apprendre à envisager et à respecter un refus ». Il est proposé, à partir de situations de la vie quotidienne, de systématiser l’expression de son consentement ou son refus, ainsi que de son acceptation (avec les adultes et les élèves) :
« Est-ce que je peux m’assoir à côté de toi ? » ;
« Est-ce que je peux te prendre la main ? » ;
« Est-ce que je peux te prendre dans mes bras pour te consoler ? » ; etc.
Sous l’angle « Appréhender et comprendre l’égalité entre les filles et les garçons et la liberté d’être soi-même », il est question des activités et métiers (et non pas de sexualité).
A partir de 4 ans, l’objectif d’apprentissage est de connaître son corps et identifier des émotions : repérer et nommer, à partir d’imagiers ou de planches dessinées, les différentes parties du corps, les ressemblances et les différences physiques entre les filles et les garçons. Découvrir ce qu’est une grossesse et la naissance. Pour identifier des émotions, il est proposé, lors des parcours de motricité : exprimer sa peur de monter ou de descendre, sa joie de réussir, le plaisir d’essayer (et accepter de se tromper).
Dans la construction des relations, l’objectif porte principalement sur la notion de confiance, la définition de secret à garder et la situation de danger.
Les programmes sont définis en s’adaptant à diverses tranches d’âge : A partir de 5 ans, 6 ans etc..
A partir du CE2, l’objectif d’apprentissage est de comprendre ce qu’est le consentement, les différentes manières de le solliciter et de l’exprimer ou d’accepter et de respecter un refus. Il n’aborde pas directement la sexualité (le « s ») étant supprimé. Il est proposé de réfléchir collectivement, à partir de situations de la vie quotidienne, pour :
– savoir distinguer quand dire « oui » et quand dire « non » ;
– comprendre qu’on a le droit d’hésiter et qu’une hésitation ou un doute ne doivent pas être considérés comme un « oui » ;
– comprendre qu’on a le droit de changer d’avis : qu’un « oui » ou un « non » n’est pas définitif ;
– savoir se donner le temps d’une décision éclairée et réfléchie ;
– savoir demander le consentement de l’autre : avant de lui prendre la main, avant de s’assoir juste à côté, de lui prendre un objet, etc. ;
– savoir accepter et respecter le refus de l’autre.
En CMI, CM2, la notion de puberté est abordée. Sous l’angle biologique et les différences entre filles – garçons.
A partir du collège et lycée, d’autres points sont abordés, tout en mettant largement l’accent sur la prévention des risques. Ainsi :
A partir de la quatrième, le mot plaisir apparait (tranche d’âge se situant vers 13 ans) « Aborder la sexualité comme une réalité complexe pouvant faire intervenir le plaisir, l’amour, la reproduction, etc. ». « Développer une compréhension critique et respectueuse des relations interpersonnelles et des enjeux associés à la sexualité ». Sous l’angle de la construction de la relation, il est mentionné de « définir la notion de consentement dans son rapport à la liberté ». Au titre de séances spécifiques, Il est proposé de repérer et d’analyser les notions de consentement et de plaisir en étudiant ou en représentant une scène de rencontre amoureuse (en littérature, au cinéma, au théâtre). L’accent étant par ailleurs essentiellement mis sur l’emprise, les violences.
A partir de la troisième, l’objectif d’apprentissage vise à « interroger les liens entre bonheur, émotions et sexualité ». Parmi les notions et compétences il est indiqué :
-Définir les notions de désir, d’excitation, de plaisir, de bonheur, ainsi que leurs relations à la sexualité.
-Prendre conscience que les pratiques de mutilations sexuelles féminines, qui ne touchent pas directement la fonction reproductive et atteignent la fonction de plaisir, de sexualité et de construction de soi des femmes qui en sont victimes, correspondent à une appropriation du corps des femmes et à l’enrayement de leur liberté de choix.
Les notions de risques et de santé sexuelle sont également largement développées.
A partir de la seconde l’objectif d’apprentissage vise à « connaître les différences biologiques entre femmes et hommes, comprendre que les le clitoris et le pénis sont composés de tissu érectile générateur de plaisir, l’ovaire et le testicule produisant, quant à eux, des cellules reproductrices). Le programme propose éventuellement, à travers des témoignages, de prendre conscience que l’identité de genre peut ne pas correspondre au sexe biologique.
En première, l’objectif d’apprentissage sur son corps est fortement ciblé sur la notion de fête (et ses excès) ainsi que sur la santé (mentale et sexuelle). Dans la relation aux autres, l’apprentissage couvre deux notions : exprimer ses envies et ses limites, dans le respect de soi, de l’autre. Prendre conscience de l’importance du consentement avéré en tant qu’élément essentiel d’une relation sexuelle, comprendre l’importance d’exprimer, de reconnaître et de respecter le consentement ou le refus.
Pour une éducation célébrant la diversité et l’autonomie, fondée sur la science
Parce que le silence ne protège pas l’enfant et ne prévient pas les violences, que le silence n’est pas un mode d’éducation, des choix courageux et essentiels pour construire une humanité de respect et de paix.
« Dans un monde confronté aux violences sexuelles, à la désinformation numérique massive, à des inégalités sociales croissantes et à des traditions persistantes basées sur la culpabilité et la honte, il n’a jamais été aussi urgent d’offrir aux jeunes une éducation qui affirme la vie, célèbre la diversité et encourage l’autonomie” a déclaré Clémence Linard, M.A.Ed et porte-parole de la Journée internationale SexEd Day.
« Les jeunes ont le droit à une éducation au plaisir, pas seulement à la prévention des risques. L’ECS vise à construire des repères pour se connaître, s’aimer et respecter les autres. »
« Ce qui est révolutionnaire dans l’approche Raélienne, c’est qu’elle redonne une dimension centrale au plaisir — une harmonie corps-cerveau alignée sur la science et non sur la honte »
Lien : https://www.raelfrance.fr/leducation-a-la-sexualite-un-droit-humain-fondamental/


